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11 Novembre 2025
Après un Grand Prix du Brésil cauchemardesque, John Elkann a pris la parole pour dénoncer le manque de résultats de Ferrari. Le président de la marque italienne, habituellement mesuré, a cette fois visé directement ses pilotes : « Nos mécaniciens et nos ingénieurs font un travail formidable. Le reste n’est pas à la hauteur. Nos pilotes doivent se concentrer sur la conduite et parler moins. »
Une déclaration sèche, faite depuis l’Italie, qui a immédiatement fait le tour du paddock. À trois courses de la fin, alors que Ferrari vient de chuter au quatrième rang du championnat constructeurs, le ton employé tranche avec la communication d’ordinaire policée de la Scuderia.
Charles Leclerc, éliminé au premier tour à Interlagos après un accrochage dont il n’était que victime collatérale, a choisi de ne pas surenchérir. Sur les réseaux et face aux médias, il a rappelé la nécessité de rester unis : "Ce n’était pas un week-end à la hauteur de nos attentes. Il faut se concentrer sur la fin de saison et rebondir ensemble."
Une manière habile de calmer le jeu tout en assumant son rôle de pilote leader. Le Monégasque, sous contrat jusqu’en 2029, sait que s’opposer frontalement à la direction serait contre-productif. Il privilégie donc le rassemblement, conscient que Ferrari a besoin de stabilité plus que de tension interne.
Lewis Hamilton, lui, a réagi dans un ton plus personnel. Le septuple champion du monde, encore en quête d’un premier podium sous ses nouvelles couleurs, a publié un message sans ambiguïté : "Je me soutiens moi-même, je soutiens mon équipe, je n'abandonnerai jamais. Pas Maintenant, pas avant, jamais."
Le Britannique, déjà très critique sur la compétitivité de la SF-25, encaisse difficilement la sortie d’Elkann. Mais plutôt que de polémiquer, il choisit d’affirmer sa détermination. Hamilton veut prouver sur la piste qu’il reste un pilote de premier plan, et non un symbole de frustration.
Si les propos d’Elkann semblent viser directement ses deux pilotes, le sous-texte est plus large. Le président de Ferrari cherche à provoquer un sursaut collectif. En interne, plusieurs sources évoquent une ambiance tendue entre les départements technique et opérationnel. Le patron rappelle à tous que l’unité est une condition indispensable pour retrouver la victoire.
En citant en exemple les triomphes récents de Ferrari en endurance, Elkann oppose implicitement la discipline du WEC à la confusion qui règne parfois en F1. Ses propos sonnent comme une reprise en main politique.
S’en prendre publiquement à deux pilotes de ce calibre est un pari dangereux. Leclerc et Hamilton ne sont pas des débutants et jouissent d’une énorme influence médiatique. Si la direction voulait provoquer un électrochoc, elle y est parvenue. Mais le risque d’une fracture interne existe.
Dans une F1 2025 ultra-serrée, où chaque détail compte, l’équilibre psychologique d’une équipe joue un rôle majeur. Ferrari marche désormais sur une ligne fine entre autorité et perte de confiance.
Les propos lunaire de Elkann ont d'ailleurs été mal perçus en Italie.
Les trois dernières courses s’annoncent comme un test grandeur nature pour la Scuderia. Ferrari doit sécuriser la deuxième place du championnat, mais surtout prouver que sa dynamique n’est pas brisée avant la grande refonte de 2026.
Pour Leclerc comme pour Hamilton, la consigne est claire : faire taire les doutes par les résultats. Les discours ne suffisent plus. Le président a fixé la ligne, à eux de répondre sur la piste.
Par Guillaume Barthet – Rédacteur et fondateur du blog Faim de F1.