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12 Novembre 2025
La récente sortie tonitruante de John Elkann, président de Ferrari, visant ses deux pilotes – « parlez moins, conduisez mieux » ne se contente pas de faire du bruit : elle révèle un malaise profond au sein de la Scuderia. Et c’est Jenson Button, champion du monde 2009, qui a pris la parole pour lui répondre avec fermeté.
Après un week-end catastrophique à São Paulo, marqué par un double abandon et une stratégie douteuse, John Elkann a lancé une phrase qui a glacé tout Maranello :
"Nous avons des pilotes qui doivent se concentrer sur la conduite et parler moins. Nous avons encore des courses importantes devant nous et il n’est pas impossible de terminer deuxièmes."
Le président italien a ajouté que « le reste de l’équipe n’est pas au niveau », visant clairement les ingénieurs et les mécaniciens. Une attaque publique inhabituelle, qui a immédiatement fait réagir le paddock.
L’ancien champion du monde, désormais consultant pour Sky Sports F1, n’a pas mâché ses mots :
"Peut-être que John devrait montrer l'exemple"
En une phrase sèche et percutante, Button a renvoyé la responsabilité vers le sommet. Il rappelle ainsi qu’en Formule 1, le leadership ne se décrète pas : il s’incarne.
En s’en prenant directement à ses pilotes, Elkann expose publiquement les tensions internes d’une équipe déjà en perte de repères. C’est l’inverse de la cohésion dont Ferrari a besoin pour rebondir. Un président doit inspirer, pas accuser.
Ferrari vit de passion et d’unité. Si la direction pointe du doigt ses pilotes, c’est toute la mécanique humaine de l’équipe qui se grippe. La confiance, élément essentiel entre ingénieurs et pilotes, s’effrite au grand jour.
Ces propos traduisent un problème structurel : une communication brouillée et une gouvernance hésitante. Depuis des années, Ferrari alterne entre espoirs techniques et déceptions stratégiques. Le coup de colère d’Elkann n’est que le symptôme d’une instabilité persistante.
La réplique du Britannique, respecté pour sa lucidité, illustre le malaise général. Beaucoup dans le paddock estiment que Ferrari souffre d’un management trop éloigné du terrain. Button dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas : avant d’exiger des résultats, il faut donner une direction claire.
Cette polémique pourrait laisser des traces. Lewis Hamilton, tout juste arrivé à Maranello, n’appréciera guère d’être publiquement visé avant même sa première victoire en rouge. Charles Leclerc, fidèle mais souvent frustré, pourrait se sentir trahi.
En interne, l’épisode risque de ralentir la reconstruction d’une équipe déjà fragilisée par ses errements stratégiques. Et sur le plan de l’image, Ferrari renvoie une nouvelle fois l’image d’un géant en désaccord avec lui-même.
Le « parlez moins, conduisez mieux » d’Elkann aurait pu être une phrase mobilisatrice. Il devient aujourd’hui le symbole d’une direction déconnectée. La réplique de Button, simple mais assassine, rappelle une vérité : en Formule 1, on ne guide pas une équipe à coups de petites phrases, mais par l’exemple. Et pour l’instant, Ferrari semble avoir oublié cette leçon.
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Par Guillaume Barthet – Rédacteur et fondateur du blog Faim de F1.